Le melon

 

Petite histoire d’un grand melon…

Par Jacques Puisais, Président de l’Institut Français du Goût

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Il était une fois... un fruit libre, vivant en plein champ, qui profite d’une terre argilo-calcaire dite d’aubuis, spécifique à la région du Haut-Poitou…
Me reconnaissez-vous ?

Je suis un melon « Val de Sérigny », fils d’un terroir exceptionnel !

Cette fameuse terre du Haut-Poitou ne me laisse jamais manquer d’eau. Elle va la chercher dans ses profondeurs pour me permettre de ramper amoureusement sur le sol ! Le terroir m’offre également de douces pentes grâce auxquelles je peux profiter pleinement du soleil de midi. Quant à l’air de ces collines, il favorise ma maturation de plein air, des journées chaudes aux fraîches nuits. Je mûris donc dans des conditions géo-climatique optimales !

J’appartiens à la plus noble des variétés, le Canteloup, melon charentais !

Issu de la famille des cucurbitacées alimentaires (hitsoire), arrivé en terre de France au XVe siècle, je tire mon nom de Canteloup de mon passage en Italie, dans les jardins du Pape, au village de Cantalupo. Mais vous me connaissez sans doute mieux sous un autre nom : le melon charentais ! Je me présente avec une peau lisse ou très légèrement brodée, aux tranches marquées. Je possède une chair orangée, ferme et juteuse, au parfum affirmé, qui exalte au maximum tous les arômes et les sucres. Je suis donc une variété conférée par le temps qui, grâce aux soins des femmes et des hommes du Val de Sérigny, offre le plus beau de moi-même !
Je suis cultivé selon des normes particulièrement strictes et rigoureuses…

Les gens du Val de Sérigny me déposent dans une nouvelle terre après avoir planifié mon installation et suivi mon semis ! D’ailleurs, pour connaître avec précision mon origine, toutes mes parcelles sont identifiées. De même, ma densité de plantation, ma fertilisation et les soins que l’on m’apporte sont tous évalués au plus juste… Rien n’est laissé au hasard !
On me récolte avec la plus grande attention… pour garantir une saveur incomparable !
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A peine vient-on de fêter le 14 Juillet que je commence à mûrir, surveillé jour après jour. On me cueille à maturité. Au Val de Sérigny, on va même jusqu’à me flairer, me soupeser et mesurer mon taux de sucre pour s’assurer que je suis parfaitement prêt à être dégusté : ainsi suis-je digne de recevoir l’estampille « Val de Sérigny » ! Ensuite, on me dépose dans des alvéoles douillettes afin de voyager sans souffrir et d’arriver, savoureux et désaltérant, sur votre table. Il ne vous restera plus, en me goûtant, qu’à vous laisser raconter cette belle histoire : Il était une fois…